PARC
Projet Atelier Recherche Chantier

 

 

CONTEXTE

 

Le Chantier de la nouvelle Ecole Nationale Supérieure de la Photographie commence à l’automne 2016 pour une livraison du bâtiment fin 2018. Cette construction, sise sur la partie Nord des anciens ateliers SNCF, s’inscrit sur un territoire de ré-aménagements urbanistiques forts pour la ville d’Arles. Ainsi la question du chantier, sous ses multiples aspects,va bien au delà d’un simple projet de relocalisation de l’ENSP; elle s’étend à l’échelle du quartier, voire de la ville.

 

Le projet chantier mené avec les étudiants de l’ENSP s’attachera à suivre ces transformations : un travail de terrain passant par l’observation et par l’expérimentation de formes documentaires et/ou plastiques pourront traduire l’expérience du chantier et en garder les traces.

 

 

PERSPECTIVES

 

Les enjeux du projet offrent, au delà de la constitution d’une mémoire et du témoignage, des champs d’investigations multiples et des expérimentations visuelles autant que matérielles aussi diverses que le chantier lui-même.

La relation constante et mouvante de la forme et de l’informe intrinsèquement liés en constante activité et toujours indécise au sein de cet espace qu’est le chantier n’est pas sans écho en effet avec la création artistique et ce qui se joue concrètement dans l’univers de l’atelier de l’artiste.

On peut rappeler ici à titre d’exemple les photographies prisent par Constantin Brancusi dans son atelier ou celles de l’atelier de Francis Bacon, véritable amoncellement de matériaux d’où émergera la peinture. Là encore au delà de ces images il sera question de voir et de revisiter les formes et les principes structurels des pratiques contemporaines dont certaines s’inspirent plus ou moins directement des systèmes et des formes du chantier.

C’est ce qu’on peut repérer a différents degrés par exemple dans les oeuvres de Gordon Matta Clarke ou les sculptures de Didier Vermeiren intégrant à celles-ci les coffrages qui ont servis à leurs moulages. Ou encore les sculptures en résines peintes de Fischli et Weiss, qui se présentent sous la forme d’un simple dépôt de matériaux et dont le réalisme est pour le moins troublant. Et bien d’autres encore.

 

Dans cette prospective des formes du chantier et la réalisation d’un bâtiment dédié à l’image photographique il sera forcément question des liens qui associe l’histoire des grands chantiers industriels du XIX eme à la photographie. Non seulement la concomitance de son apparition avec l’industrie naissante mais aussi la manière dont la photographie à pu ce saisir du chantier comme d’une forme photographique à part entière indépendamment des nécessités de commandes ou de documentations pour les architectes.

C’est bien ce qui motive Charles Garnier lorsqu’il demande à Louis Emile Durandelle de photographier toutes les phases du chantier de son futur opéra. Formidable fond photographique que celui que réalise ici Durandelle où terrassements, échafaudages, poutrelles, treuils, coffrages, pièces métalliques sont autant pour lui que pour l’architecte des architectures dans l’architecture mais plus encore pour Louis Garnier les visions possibles de sa ruine future.

C’est d’une certaine façon ce que relève Jean Desjours dans ce passage extrait du texte rédigé pour le livre sur «  Le grand oeuvre » ( Photographies des grands travaux, 1860-1900 ) dans la collection: Photo poche.

« Plus encore: tels qu’ils sont photographiés par Marville,Collard,ou Durandelle, les chantiers sont des scènes théâtrales saisies dans leur évolution dramatique; ce sont des lieux de création bien particuliers où ce qui sert à édifier l’ouvrage à le même degré de pureté et de fascination que l’édifice achevé: échafaudage, machineries de levage, grues de la Tour Eiffel, piliers du Comptoir d’escompte, cintres de bois des ponts, etc…La rupture temporelle de la photographie induit la sensation d’un accomplissement et d’une perfection. L’inachevé, l’intermédiaire devient oeuvre en soi, comme sortie des blessures de la terre malmenée, assemblage métaphorique bravant la logique immédiate du végétal et du minéral. »

On le voit toujours aujourd’hui, chez Ian Wallace, Stéphane Couturier, Lewis Baltz entre autre, le chantier reste un motif récurrent propice à l’image et aux ramifications multiples.

C’est toute la richesse et l’intérêt de ce projet, que de l’engager auprès des étudiants dans l’esprit d’une recherche ouverte afin qu’il se construise au fil des deux ou trois ans que durera le chantier, à la fois à partir des réalités concrètes du terrain mais aussi d’accompagner ces investigations plastiques par des apports historiques sur le terrain de l’art de la philosophie de la sociologie,etc…

 

 

MISE EN OEUVRE

 

Activité 2015-2016

– Connaissance et observation du site et de son environnement

Pour mieux appréhender le contexte du chantier, des rencontres ont eu lieu avec les acteurs locaux :

Le service du patrimoine d’Arles a proposé une visite historique du site et du quartier.

Le CERCO ( centre d’étude, de restauration et de conservation des oeuvres) a présenté plus spécifiquement l’activité des anciens ateliers SNCF et les ressources du centre mises à disposition pour les chercheurs.

Le groupe a également fait deux visites du chantier de Luma Campus.

 

-travail sur site

Jurgen Nefger et Paul Pouvreau ont mené sur le site un workshop de prises de vue à la chambre pour les étudiants de première année ayant donné lieu a une restitution publique à l’école

 

Activité 2016-2017

-intervenants

Yann Kopp, artiste

Stéphane Couturier, photographe

 

Eric Monin, Architecte, historien de l’architecture

 

Workshop et travail sur site

Workshop son, décembre 2016 : Olivier Toulemonde, musicien, compositeur, improvisateur, créateur sonore :

Prises de vue du terrassement par drône, novembre 2016 : Vincent Tricard, drônimages

Atelier pratique : prise de vue à la chambre, 1eres années, Christian L’huilliers, automne 2016